Le retour sur investissement ou ROI

Le retour sur investissement (ROI) d'un projet

Le retour sur investissement (ROI) d’un projet

Aujourd’hui, peut-on vraiment encore parler de gestion de projet sans parler de la notion de retour sur investissement (Return Of Investment ou ROI en anglais) ?

La réponse est bien évidemment non.

En effet, pour toute société, un projet représente un investissement dont il faut connaître à la fois le coût mais aussi les revenus associés pour pouvoir correctement évaluer son impact réel sur l’entreprise et prendre les bonnes décisions.

C’est pour cela qu’il est indispensable de calculer, dès la phase initialisation du projet, un retour sur investissement (ROI) qui, dans la plupart des cas, se fera sur plusieurs années.

Mais déjà, quels retours peut-on attendre d’un projet ?

  • Un retour financier sous la forme d’économies directes sur les coûts de fonctionnement de la société.
  • Une amélioration de la satisfaction des clients de la société en vue de mieux les fidéliser. Cette amélioration peut passer par une amélioration des services et produits existants ou la mise en place de nouveaux services ou de nouvelles versions de produits.
  • Un retour financier sous la forme d’une augmentation de la part de marché (exemple : mise en place de nouveaux produits ou de nouveaux services).
  • Un retour immatériel sur l’image de marque de la société (exemple : amélioration de la visibilité de la société, montée en gamme de l’image de la société, etc.). Ce retour est généralement difficilement quantifiable même si son objectif est généralement d’augmenter les parts de marché de la société.
  • Un retour indirect lorsque le projet est lié à des contraintes extérieures obligatoires (exemple : obligation de passer à des échanges dématérialisés). Ce retour est indirect car s’il est indispensable pour répondre aux besoins et obligations des clients ne pas le faire ne permettrait, généralement, pas de rester sur le marché.

Une fois le ou les retours du projet identifiés, il devient alors possible de calculer la valeur totale de ce retour sous une forme financière. Dans la plupart des cas, ceci ne sera qu’une approximation car, sauf cas exceptionnel, il est difficile de prédire l’avenir avec beaucoup de certitudes. Mais, si ce calcul est effectué en prenant en compte le maximum de paramètres, celui-ci est généralement assez proche de la réalité.

Les principaux paramètres à prendre en compte sont :

  • Les économies attendues sur les ressources humaines, sur l’immobilier, sur le mobilier, sur les contrats externes, sur les fournitures, etc.
  • Les gains attendus sur l’augmentation du chiffre d’affaires, sur la marge opérationnelle sur les produits ou services, etc.

Au niveau des économies attendues, le point qui est généralement le plus délicat à aborder, pour un chef de projet, concerne les ressources humaines. De manière pratique, ce type de gains signifie qu’il y aura une réduction des coûts liés aux ressources humaines et donc, très probablement, des réaffectations de personnes, des non-remplacements de postes suite à des départs ou, dans certains cas, des licenciements. Cet aspect est souvent laissé de côté par un certain nombre de chefs de projet, pour différentes raisons, alors que sa prise en compte a souvent un impact important sur le calcul du retour sur investissement (ROI) du projet et donc sur les décisions qui pourront être prises à son sujet.

Pour les autres économies et gains attendus, en vérifiant que tous les impacts liés au projet sont bien pris en compte, il est généralement assez aisé de tous les définir et de les calculer.

Pour ce qui est de la détermination de la durée totale sur laquelle il faut calculer les gains et les économies pour être en mesure de calculer le retour sur investissement (ROI), il n’y a pas vraiment de règle absolue qui permette de la fixer. Ainsi, si le retour sur investissement attendu doit être rapide, il convient de limiter cette durée sur quelques mois ou quelques années. Par contre, si le retour sur investissement doit être global, il convient de calculer cette durée sur la durée de vie totale du projet, de sa date de mise en production à sa date de retrait de production.

Une fois la durée déterminée, il convient de répartir les différents gains et les différentes économies sur la globalité de cette durée. Ceci ne doit pas se faire de manière linéaire mais doit tenir compte des gains et économies attendus pour chaque période définie sur cette durée (une période étant la durée de temps minimale utilisée pour la répartition des gains et des économies). Une fois cette répartition effectuée, le chef de projet pourra faire apparaître, en face, la répartition des coûts associés au projet pendant cette même durée. Puis, il pourra réintégrer les coûts associés au développement et à la mise en oeuvre du projet (avant la date de mise en production).

Disposant alors de tous les coûts et de tous les gains et économies, l’utilisateur pourra alors calculer, au minimum, deux éléments importants pour la prise de décision :

  • Le solde financier du projet qui se calcule très simplement en prenant l’ensemble des gains et économies attendus auxquels on soustrait l’ensemble des coûts associés au projet
  • La date de rentabilité du projet qui est la date à partir de laquelle le projet pourra être considéré comme ayant des gains supérieurs aux coûts (attention, il est possible qu’un projet n’ait jamais de date de rentabilité si les objectifs de sa mise en oeuvre ne sont pas uniquement financiers).
  • La rentabilité brute du projet qui est un pourcentage qui se calcule en divisant le total des gains et économies du projet sur l’ensemble des coûts du projet.

Tous ces éléments forment la base du retour sur investissement (ROI) du projet.

Du point de vue de la gestion de projet, celui-ci ne sert pas uniquement comme un élément purement financier, mais comme un des critères de base du pilotage du projet aussi bien au niveau du chef de projet que des décideurs. C’est, en effet, ce retour sur investissement (ROI) qui permettra de décider s’il faut démarrer ou pas un projet. C’est lui qui pourra donner certaines inflexions au projet pour, par exemple, augmenter sa rentabilité à court terme. C’est encore lui qui pourra contraindre un projet à s’arrêter. Voilà pourquoi il est indispensable de faire évoluer, si nécessaire, les éléments de calcul de retour sur investissement dans le temps pour tenir compte de toutes les évolutions et événements qui peuvent survenir. Sans cela, il sera souvent difficile de juger objectivement de la pertinence d’un projet et donc de décider de sa mise en oeuvre, de sa continuation ou de son arrêt.

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